La scène semble presque irréelle : Jonas Vingegaard en tête, imperturbable, alors que derrière lui, les leaders de l’équipe UAE Team Emirates peinent à suivre le rythme. Ayuso, Almeida, Soler — tous trois censés incarner la force collective de la formation émiratie — semblent résignés. Et puis cette phrase, lâchée presque avec amertume par Juan Ayuso à l’arrivée de l’étape-reine :
« Sans Pogacar, nous ne sommes que des suiveurs. »
Depuis le retrait surprise de Tadej Pogačar, forfait pour raisons médicales à seulement quelques jours du départ de la course, l’équipe UAE semblait avoir perdu son moteur. Le double vainqueur du Tour, stratège et grimpeur hors normes, incarnait bien plus qu’un leader : il était le cœur de l’équipe, celui autour duquel tout s’articulait. Son absence, c’est tout un équilibre qui s’effondre.

Et pourtant, alors que l’ombre de Vingegaard plane sur le peloton comme une domination tranquille, l’encadrement d’UAE Team Emirates prend une décision inattendue : titulariser un jeune coureur jusqu’alors inconnu du grand public. Aucune annonce officielle, aucune pression médiatique — seulement un dossard, un vélo, et une mission claire.

Un pari risqué… qui change tout ?
Le jeune talent, dont l’identité reste encore volontairement gardée discrète par l’équipe, a pris tout le monde de court. Dès les premières pentes de l’étape de montagne, il attaque. Sans complexe. À 21 ans, il bouscule le tempo imposé par Jumbo-Visma, force Vingegaard à se lever sur les pédales, et réanime une course qui semblait déjà écrite.
L’effet est immédiat : la presse s’emballe, les réseaux sociaux s’enflamment. Qui est ce prodige ? Un Slovène de plus ? Un Colombien venu des rangs juniors ? Un pari interne à l’académie UAE ? La réponse viendra sans doute bientôt, mais une chose est sûre : son arrivée change la dynamique.
Vingegaard sous pression ?
Pour la première fois depuis le départ, Vingegaard montre des signes d’inquiétude. Rien de flagrant, mais les habitués auront remarqué une communication plus tendue avec sa voiture suiveuse, un regard lancé à plusieurs reprises vers l’arrière. Le Danois, maître des Alpes et des Pyrénées, pourrait-il être déstabilisé par l’inconnu ?
Ayuso, lui, reconnaît honnêtement :
« Ce gamin a quelque chose. Il grimpe sans peur, il attaque quand nous, on calcule. Peut-être qu’il incarne ce que nous avons perdu avec Pogacar : la spontanéité. »
Et maintenant ?
La course est loin d’être terminée. UAE Team Emirates, avec ou sans Pogacar, semble avoir trouvé un nouvel espoir. Reste à savoir si ce jeune coureur tiendra la distance, ou s’il s’agit d’un feu de paille.
Mais une chose est certaine : la domination tranquille de Vingegaard vient d’être sérieusement remise en question.
Et pour les fans, le spectacle ne fait que commencer.